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Théâtre. Avec Tohu-Bohu, le handicap s'exprime

Posté par le dans Culture
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Tohu-Bohu

Les comédiens handicapés de l’atelier Catalyse infiltrent la mécanique narrative de TOHU-BOHU en laissant infuser des bouts de leur propre vie dans la nouvelle création de Madeleine Louarn

  Avec Tohu-Bohu, sa nouvelle création, présenté du 7 au 10 octobre au CDDB, Madeleine Louarn revient sur la relation si singulière qu’ont les comédiens handicapés de Catalyse avec le théâtre. Des comédiens avec lesquels elle travaille depuis trente ans et avec lesquels elle a créé une vingtaine de spectacles.

   « Après tout ce temps passé à travailler ensemble, il m’a semblé qu’il y avait nécessité à m’éclaircir un peu sur ce que c’était que de faire du théâtre avec des comédiens handicapés, j’avais besoin de retraverser et de renouveler les questions qui avaient été les nôtres, les miennes surtout, au fil de notre parcours commun et des pièces que nous avons créées ensemble : sont-ils capables d’élaboration, de symbolisation, d’un « acte conceptuel », jusqu’à quel point ont-ils conscience de leur propre geste ? Quel théâtre cela produira-t-il ? On retraverse donc des textes que nous avons abordés ensemble, des textes liés aux obstacles que l’acteur handicapé doit surmonter, des choses qui ne prennent pas forme ou qui restent difficiles à appréhender pour lui : le sens, la mémoire, la diction, le langage, l’espace, le temps...

   Tohu Bohu, c’est un mot hébreu qui désigne le chaos des origines. Nous sommes donc partis de l’idée d’Adam et Eve qui tombent du paradis pour atterrir sur terre. Pas forcément bien armés, ils découvrent la vie, la scène, en se demandant ce qu’ils pourraient bien faire dessus, quel sens tout cela peut bien avoir, quels rôles ils vont pouvoir endosser
».

   Des rencontres fantastiques et absurdes d’Alice de Lewis Carroll aux portraits extravagants de Daniil Harms, en passant par l’onirisme mystique de contes bretons, les comédiens empruntent les chemins escarpés du récit fragmenté et de la poésie grotesque. Puis des glissements opèrent, les comédiens de Catalyse intègrent la mécanique narrative en parlant d’eux, de leurs vies, de leurs marottes, de leurs aspirations respectives :

   « Ils parlent de ce qui leur plait, de ce qui les mobilise, de ce qui les remplit de joie, ils se nomment eux-mêmes, se livrent de façon singulière, éminemment personnelle. Christèle parle de ses rêves, de sa peur de la mort ; Jean-Claude parle de son besoin de danser, de ce qui se passe en lui lorsqu’il danse ; Anne évoque sa passion pour les bijoux, l’état de complétude dans laquelle ceux-ci la mettent ; Tristan joue de la batterie ; Sylvain s’ouvre de son désir pour les femmes ; Christian évoque le théâtre, le lien qu’il entretient avec les autres membres de Catalyse, de ce que cette histoire représente pour lui... C’est très philosophique.»

   Entre les fragments de textes et les improvisations des comédiens qui viennent irriguer le lit du récit comme autant de ruisseaux, l’Atelier Catalyse retraverse son histoire, les allers-retours entre les textes et la vie des comédiens finissant par se fondre dans une vertigineuse mise en abyme du théâtre.



 

Source le théâtre du Lorient

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Mots clés: art artiste handicap theatre
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Invité samedi, 19 janvier 2019